23/05/2006

Lola van guardia: Piétinez pas le gazon !


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La mort brutale de la députée Laura Mayo jette un froid sur le mois d'août caniculaire qui a vidé Barcelone de ses habitantes. Interrompant leurs vacances, les journalistes Matilde Miranda et Tea de Santos rentrent précipitamment en ville et retrouvent leur amie écrivaine Adelaida Duarte. Ensemble, elles vont mener une enquête parallèle à celle de la police et découvrit bientôt que ce qu'on tente de faire passer pour un suicide est en réalité le meurtre de la principale opposante au réactionnaire "Projet de Loi sur les Familles Exemplaires".

Dans cette parodie de roman policier, deuxième volet de sa trilogie barcelonaise (mais qui n'en demeure pas moins un roman autonome) Lola Van Guardia et son tourbillon d'héroïnes sont de retour ! Elles étaient différentes, gentilles, drôles, amoureuses, enthousiastes et inoffensives. Mais quand on essaie de piétiner le gazon, on prend des risques : elles se rebiffent. Elles sont en colère. Très en colère. Et armées. Plus de folies, plus de rires, plus de sexe, plus de flingues...

20:33 Écrit par lezz78 dans trilogie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Un nouveau livre lesbien Bonjour,

Je viens de faire paraître aux Editions de l'Harmattan un livre qui s'intitule Mauvais Genre.
Voici ce qu'on peut lire sur la quatrième de couverture :








A partir de certains épisodes de son enfance et de son adolescence, Paula Dumont traite de la construction de sa personnalité et de son homosexualité. Elle analyse les difficultés qu’elle a rencontrées au cours de la traversée du désert qu’a été sa jeunesse : absence totale de repères due à l’invisibilité des autres lesbiennes, rejet familal, désarroi et solitude. Elle évoque également le réconfort apporté par un de ses professeurs de lycée et les lectures qu’il lui a conseillées. Loin de fournir des réponses définitives aux questions soulevées par un tel sujet, Mauvais genre ouvre des pistes de réflexion et questionne la double oppression subie par les lesbiennes en tant que femmes et homosexuelles.

Professeure de Lettres, Paula Dumont vit dans un village proche de Montpellier et se consacre actuellement à l’écriture. Elle milite dans une association qui lutte contre l’homophobie.



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Contact presse
Marie-Anne HELLIAN– Service de Presse - Sciences Humaines
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Extrait

J’ai mauvais genre. Bien qu’étant une femme, j’ai les cheveux courts, comme les messieurs qui ne veulent pas se faire remarquer. En outre, je m’obstine à m’habiller de telle manière qu’on me prend souvent pour un homme. Et ne croyez surtout pas que ce soit manque de coquetterie et que je choisisse mes vêtements au hasard. Mon apparence m’a demandé, tout au long de mon existence, beaucoup d’efforts, de recherches vestimentaires et de sacrifices. Car n’a pas l’air mec qui veut. La graisse s’installant dans des parties du corps différentes suivant qu’on est né fille ou garçon, il faut, pour avoir l’air androgyne, rester mince, s’astreindre en permanence à des régimes draconiens, prendre de l’exercice deux heures par jour et user, en matière d’habillement, de stratagèmes pour dissimuler tout ce que la silhouette pourrait trahir.
Et non seulement j’ai mauvais genre, mais encore j’aggrave mon cas en ayant de mauvaises mœurs. Je ne me suis jamais éprise que de femmes et tout compte fait, même si ma jeunesse n’a pas été un parterre de roses, je ne m’en porte pas plus mal quand je vois le sort que bien des hommes réservent à leurs compagnes.
C’est assez dire que mon genre et mes mœurs posent davantage problème aux autres qu’à moi. Je suis une homo pure et douce, je m’en cache le moins possible, je l’ai toujours confié à qui voulait l’entendre et surtout à qui pouvait le supporter sans douleur excessive. En dernier recours, je me préfère toujours aux autres et je n’ai jamais eu envie de changer quoi que ce soit ni à mon apparence ni à mes attirances. Mais je tiens à préciser aussi que si je suis un garçon manqué, je n’ai rien d’une transsexuelle. Sous mes vêtements virils, il y a un corps de femme auquel rien ne manque et qui m’a procuré bien des joies. Je souhaite le conserver dans son intégralité et quand j’apprends que des butchs se font amputer des seins, j’ai le même frisson d’horreur que quand je lis le récit d’excisions et d’infibulations.
J’ai vécu assez longtemps pour savoir que j’appartiens à une certaine catégorie de femmes qui ne sont originales qu’en apparence. Quand je me rends dans une assemblée de deux cents goudous, je repère mes semblables au premier coup d’œil. Sans nous être concertées, nous arborons toutes la même panoplie, ce qui est la preuve que nous avons subi un conditionnement identique. S’il n’y a pas lieu de s’excuser, il n’y a pas davantage matière à pavoiser. C’est pourquoi les homosexuels qui croient appartenir à une essence supérieure me font sourire de pitié, au même titre que les hétéros qui se flattent de leur normalité. Toutes et tous formatés, sans possibilité d’échappatoire, voilà notre lot à tous, homos et hétéros, et c’est sur mon conditionnement que je me suis penchée pour écrire les pages qui suivent.
Car maintenant que j’arrive à l’âge où de nombreux êtres humains ont besoin de faire retour sur leur passé, j’éprouve l’envie irrépressible de revenir sur ma jeunesse et de comprendre ce qui m’a faite ce que je suis. Qu’on n’aille pas, à partir de mon cas particulier, tirer des conclusions aussi hâtives que générales. Pour avoir tout au long de mon existence fréquenté beaucoup de gays et de lesbiennes, je suis persuadée qu’il y a autant d’homosexualités que d’homosexuels et autant d’hétérosexualités que d’hétérosexuels. Simplement, j’ai voulu chercher ma vérité pour être en paix avec moi-même. De ce retour aux sources, je reviens transformée. C’était donc un voyage nécessaire et essentiel pour moi.
Tous les êtres humains gagneraient à effectuer semblable pèlerinage, surtout ceux qui croient obéir aux lois naturelles et qui sont imbus de leur supériorité sur les marginaux. S’il y a un quelconque avantage à être ce que je suis, il réside dans l’obligation de se remettre constamment en question et d’admettre que rien ne va de soi pour personne. A soixante ans révolus, je regarde mes cicatrices comme autant d’acquisitions, autant de sujets de réflexion, autant de richesses. Et je suis certaine d’avoir encore devant moi de nombreuses terres à défricher si la Grande Déesse veut bien me prêter vie.
?



Écrit par : Paula Dumont | 23/04/2009

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